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29.08.2011

DAVID FOENKINOS

"En cas de bonheur"-J'ai lu.

"Nos séparations" -Folio.

"La délicatesse" -Folio.

David Foenkinos est l'une des dernières coqueluches de Bernard Pivot, c'est donc l'auteur qui nourrit toutes les conversations des " Tout Paris ", le Tout Paris littéraire, le Tout Paris qui ve veut littéraire, le Tout Paris qui se dit littéraire.
Encouragé par ma belle-soeur et mon amie Catherine Germeau (tiens, tiens, des femmes!), j'ai pris le temps de lire, de dévorer, trois petits romans, trois récits de ce nouveau prodige. En quoi ce nouveau prodige est-il prodigieux? Certainement pas par ses thèmes qui se résument à un thème dans le cas qui nous occupe: la vie à deux (bestiale ou romantique) ne peut être durable, elle est limitée dans le temps -quelques mois, quelques années-, sa durée "éternelle" est impossible, naturellement impossible, essentiellement impossible. Non, ce qui fascine chez Foenkinos, c'est sa prose, une prose absolument novatrice, une prose révolutionnaire, une prose iconoclaste. Une prose basée sur un vocabulaire faramineux, une prose basée sur une syntaxe terre à terre, vertigineuse. Le pape Maurice I, Papy Grevisse doivent se réincarner en assette chinoise dans un cirque chinois, en derviche tourneur.
Le vocabulaire de Foenkinos est dabord le fruit d'une profonde érudition, une profonde érudition mise en valeur par un emploi déroutant tel son goût pour les adjectifs inadéquats, antagonistes mais finalement opportuns et complémentaires, ce qui nous interroge sur notre propre degré de compréhension.
La syntaxe de Foenkinos est le fruit d'une maîtrise profonde mise à mal par de nombreuses et subtiles provocations. Notre esprit classique arrête notre oeil sur une répétition, relisons cette abérration qui n'a rien d'abérrant. Loin d'engendrer la lourdeur du style, elle met en relief la légèreté profonde d'une pensée aux accents universels, aux allures accidentelles.
Mais David Foenkinos ne se résume pas à un jongleur de mots, de phrases dans un récit étourdissant,il met aussien éveil nos sens endormis par le quotidien, un quotidien resposable de bien de maux, même lorsqu'on tente de l'éviter.
Rafraîchissant, jubilatoire, Foenkinos écrit par plaisir pour notre plaisir. Et c'est ce vrai plaisir que l'on éprouve dans la semi-clarté de la lampe de chevet, de nos yeux éblouis.-Mais oui, on peut passer une nuit blanche dans le noir le plus noir-.

18:18 Écrit par robert bellot Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

18.07.2011

LA THEORIE DES DOMINOS

Alex Scarrow LA THEORIE DES DOMONOS.

Pour un premier roman, Scarrow réussit un coup de maître, à tel point que nombreux sont, dans le monde entier, qui voient en lui le successeur de Robert Ludlum et de Tom Clancy.
Lundi : série d’attentats sur réserves pétrolières mondiales.
Mardi : effondrement des marchés. Mise en quarantaine de tous les moyens de transports.
Mercredi : restriction de l’approvisionnement en vivres et en énergie.
Jeudi : coupure d’électricité, magasins pris d’assaut.
Vendredi : panique, chaos et violences s’emparent des rues.
Le début effrayant d’un thriller au réalisme étouffant. La suite du roman est tout aussi haletante. Une narration coupée en quatre aventures qui se veulent convergentes pour les bonnes et la mauvaise causes. De l’Irak à Londres, avec en arrière-fond le monde entier, des personnages, victimes ou manipulateurs de ce début de fin du monde, ou à tout le moins, de notre civilisation, doivent faire face aux aléas hallucinants de l’apocalypse.
Jamais le suspense n’abandonne les lignes incendiaires de La théorie des dominos , jamais l’invraisemblable ne vient amortir les pages explosives d’une œuvre qui se classe d’emblée parmi les références du genre.
Un livre à dévorer mais en prenant le temps de l’apprécier et à recommander à tous les amateurs de thrillers.
Alex Scarrow : nous attendons déjà impatiemment son deuxième roman. S’il confirme les qualités exceptionnelles du premier, alors on peut affirmer que le nouveau maître du thriller est arrivé.


15:55 Écrit par robert bellot Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

03.06.2011

JOHAN THEORIN. L'HEURE TROUBLE.


Un policier exemplatif de l’école suédoise.
A l’heure trouble, entre chiens et loups, un enfant disparaît sans laisser de trace, dans l’épais brouillard d’une petite île de la Baltique.
Vingt ans plus tard, une de ses chaussures, intacte, est mystérieusement adressée à son grand-père, Gerlof (prononcez Hier-lof).Perclus de rhumatismes, incapable de conduire, celui-ci vit dans une maison de retraite perdue au milieu de nulle part. Il demande à sa fille, divorcée d’un ex-mari qui a oublié son fils disparu, de venir le voir, sans autre précision. Lorsque Julia arrive, il lui montre le pourquoi de son appel. Interloquée, celle-ci se perd en conjectures et demande à son père s’il a prévenu la police. –« Non, tu crois qu’il faut le faire ? » A contrecœur, le vieillard alerte son ami Lennart Henriksson, l’officier de police de l’île. Il lui dévoile le contenu du colis qu’il a reçu et lui confie pour examens scientifiques. Bien plus tard, le lecteur apprendra que Gerlof a caché au policier des indices précieux. En fait, la grand-père, aidé par son ami le sculpteur sur pierre Ernst, mène, depuis vingt ans, sa propre enquête, à son rythme de vieillard dépendant, et ne veut pas que la police vienne mettre le nez dans ses propres recherches et ses maigres progrès. Tout va se compliquer lorsqu’on retrouvera Ernst mort, écrasé sous le poids d’un d’une statue monumentale, au fond d’une carrière désaffectée d’où il tirait ses matériaux et à côté de laquelle il avait construit son atelier de sculpteur. Henriksson conclut logiquement à un accident. Toutefois Gerlof qui a remarqué et tu un détail révélateur sait que son ami a été assassiné ! A qui profite le crime ? Et voilà le vieillard, accompagné de Julia ou non, repartit dans son enquête avec sa lenteur habituelle.
Le plus étonnant, c’est que, à force de conversations, de déductions, d’intuitions, Gerlof parviendra à éclaicir le mystère de la disparition de son petit-fils. Un dénouement qui ne va pas sans une énorme surprise que le grand-père avait mise à jour…
« L’heure trouble », un policier exemplatif de l’école suédoise : la lenteur de l’enquête (vingt ans), les nombreuses allusions à la météo qui tantôt colore, tantôt obscurcit les paysages ; l’enquêteur : un ancien pêcheur, aujourd’hui cantonné dans une maison de retraite. L’antithèse absolue des polars at L.A.ou N.Y. Mais humainement plus présent et attachant

18:27 Écrit par robert bellot Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |